Accueil du site
Coordination marée noire



envoyer l'article par mail envoyer par mail  [où ?]   [imprimer cet article]    Article précédent    Article suivant

   Franck-Yves Escoffier a gardé une âme de pêcheur

info Coordination marée noire
vendredi 21 mars 2008
statut de l'article : public
citations de l'article provenant de : Ouest Bateaux


Alors que les pêcheurs menacent le bon déroulement de la course, le skipper malouin porte son regard d’armateur.

Franck-Yves Escoffier, on aurait presque oublié qu’avant d’être coureur vous êtes patron-pêcheur.

Je suis patron d’Escoffier Armement, une entreprise qui possède deux bateaux. Mon fils Loïc est copropriétaire de l’un et emploie neuf personnes dont trois à terre. Je ne vais plus en mer qu’occasionnellement, notamment au moment de Noël.

Avant d’être coureur, vous étiez patron-pêcheur en fait ?

Je suis arrivé à Saint-Malo en 1980. Durant trois ans, j’étais matelot, puis en 1983 je me suis installé à mon compte. J’ai débuté avec un bateau en bois avec une voile. En 1983, j’ai lancé la construction du Claude-Edith, un catamaran en aluminium pour la pêche douce (casier, filet), la pêche à la journée. Au départ on était trois, j’ai exercé la pêche durant une quinzaine d’années, je m’octroyais un mois de coupure l’été afin de disputer la course du Figaro. Progressivement, j’ai formé un matelot qui puisse me remplacer quand j’allais courir. C’est à mon retour de la Route du Rhum, en 1998, que j’ai décidé d’être un peu plus coureur.

Loïc est là pour assurer la succession. Adolescent, il m’a dit : "Papa, je veux être pêcheur comme toi". Avec Annie sa maman, on n’a jamais cherché à freiner ses ardeurs et il a obtenu son diplôme de lieutenant de pêche au lycée professionnel maritime de Saint-Malo. Il a été le plus jeune patron-pêcheur de France. J’ai vite deviné qu’il avait un grand sens marin. À 26 ans, il a déjà le potentiel d’un gars de 40 ans. Aujourd’hui, on a deux bateaux quasiment neufs, vieux de un et trois ans.

Un mouvement des pêcheurs de Lorient menace le bon déroulement du 30e Spi Ouest-France - Bouygues Télécom. Vous sentez-vous solidaire ?

Bien sûr que je me sens concerné. Une sortie de six heures, c’est au minimum 400 litres de gasoil et le prix du gasoil n’arrête pas de monter alors que celui du poisson stagne. Les prix du homard ou de l’araignée n’ont pas bougé depuis vingt ans. Les pêcheurs du Guilvinec ont obtenu des aides, alors je comprends que ceux de Lorient, en souhaitent aussi. Ils se disent qu’à Lorient on les oublie. Un pêcheur fait des semaines de 60 heures et pour payer les matelots qui font des journées de 4 h à 16 h, les patrons se doivent de leur assurer des salaires plus que corrects. Ce sont des gars qui souvent ne dorment que trois-quatre heures par nuit. Mais la communauté des pêcheurs ne représente que 16 000 personnes en France... On ne pèse pas grand-chose. Et pourtant, en Bretagne, la pêche fait partie des racines et du patrimoine.

Mais prendre le Spi « en otage » est-il la bonne solution ?

Il n’y a pas de solution miracle ou de parfaite attitude. Si tu es calme et raisonné, tu prends un rendez-vous avec les autorités afin de faire avancer les choses. Mais tu es quasiment assuré de ne pas obtenir gain de cause. Là, les pêcheurs se disent qu’une action contre le Spi ne serait pas anodine car l’épreuve bénéficie d’une réelle exposition médiatique.

...

Propos recueillis par Éric HORRENBERGER, Ouest-France




voir l'article complet -->>>

 

 


Locations of visitors to this page